6/09/2011

Ventilateur, Ordinateur plus Insomnie

Il m'arrive souvent de penser à un petit accident que j'ai eu quand j'étais petite fille. Il y a quelques années, un ami qui ne fait plus partie de ce monde m'avait parlé des cicatrices, il m'expliquait avec passion à quel point il les adorait, que c'était pour chacun les empruntes de la vie. Je regarde ma cicatrice en ce moment, une veine passe en dessous je crois, parce qu'on la croirait vivante bougeant aux rythmes des battements de mon cœur.

Elle est magnifique ma cicatrice même si elle est moche... Il y a de belles cicatrices? Je crois que oui! J'avais une prof de chimie au Lycée qui avait subie une transplantation cardiaque. Ma prof cachait sa cicatrices avec un foulard, ce souvenir me rappelle le foulard de ma prof d'anglais, une femme formidable aussi qui adorait la vie. Il arrivait donc à ces foulards de glisser ou tomber, et quand on a vu la cicatrice de ma prof de chimie ce fut quelque chose, elles sont énormes ces cicatrices là. À cette époque et à notre âge, on ne voyait pas encore l'aspect poétique derrière l’imperfection. Ce jour là, notre prof gênée par la situation nous avait confié qu'elle avait tout pour être heureuse, un mari aimant, une famille soudée, mais qu'elle ne pouvait pas avoir d'enfants. Elle était vivante, elle voyageait partout avec son mari, mais elle n'aurait jamais la chance de connaitre la maternité... "Mais je suis là, vivante, parmi vous" elle avait conclu. Ça cicatrice lui rappelait une douleur et la consolait par un fait. Ça cicatrice était devenue magnifique!!!

Parfois quand j'observe mes cicatrices, je vois plus comme des trous dans la peau, des trous dans lesquels on tomberait pour se perdre en souvenirs, des espèces de vortex menant droit vers le passer, parfois douloureux, souvent douloureux, d’où le sens même de cicatrices, mais le passage du monde physique au monde lyrique est d'un délice tant qu'on veut juste après lancer des révolutions de perception.

Ma révolution du soir est... par ce billet, un soupire.


L.B

No comments:

Post a Comment